De la culture et du patrimoine pour s’évader !

Bonjour à toutes et tous,

Je vous propose en ces temps de confinement des propositions “culturelles”, à la découverte de votre patrimoine Bordelais.

J’ai écrit en 2017, en collaboration pour les photos avec Philippe un ami photographe, un guide de visite du patrimoine exceptionnel de notre belle ville.
Ce guide de visite nocturne vous est proposé afin de découvrir le Bordeaux historique mais aussi l’éclairage spécifique de la ville.

Ce dernier a été mis en place par étapes, depuis 1996, par le maire Alain Juppé dans le cadre de son Plan Lumière :
« Il ne s’agit pas d’illuminer la ville pour faire oublier la nuit, mais bien de magnifier la nuit par une mise en valeur subtile du paysage bâti » précise-t-il.

Avec l’aide de mon épouse Dominique, nous vous en proposons quelques pages choisies….

Bonne lecture, bonne évasion !

Dominique et Robert Lafitte

“La Porte Cailhau”

A l’entrée de la rue Ausone, la première porte Cailhau défendait la deuxième enceinte construite de 1202 à 1220.
Perpétuant le nom de la famille Cailhau dont plusieurs membres sont maires de la ville au 13ème siècle, cette ancienne porte royale est dédiée par les jurats au roi Charles VIII, vainqueur en 1495 de la bataille de Fornoue en Italie contre les Lombards. Elle est désormais conçue comme porte défensive et arc de triomphe mais aussi entrée monumentale et solennelle de la ville au Moyen Âge.

Ce monument symbolise le rattachement de cœur à la France.
De style gothique renaissance, cet ouvrage militaire comporte cinq niveaux construits à l’intérieur de deux énormes tours reliées par un bâtiment central :

  • Un rez-de-chaussée dont la belle porte ogivale était fermée par une herse glissant de l’étage ;
  • Deux étages où logeait la garnison ;
  • Le troisième étage donnait accès au chemin de ronde, toujours visible, soutenu et protégé par de puissants mâchicoulis ;
  • Enfin les combles éclairés de lucarnes et recouverts d’une toiture en ardoises, hérissée de trois tourelles entourées d’un clocheton culminant à 35 m de hauteur.

L’édifice comporte par ailleurs :

  • du côté fleuve, encadrant les statues de Saint Jean- Baptiste et de l’archevêque de Bordeaux André d’Epinay qui assistait à la bataille de Fornoue, l’effigie de Charles VIII qui trône dans la niche à pinacle ;
  • du côté place sont sculptées les armes royales.

Dans sa politique d’urbanisme, l’intendant Tourny sauvegarde cette porte qui faisait partie intégrante du rempart.
Endommagée à la Révolution, une restauration est apportée au 19ème siècle par Charles Durand qui restitue aussi le passage ogival.

Depuis 1907, la Société Archéologique de Bordeaux, avec le concours de la ville, a créé à l’intérieur de la porte un musée comprenant trois salles d’exposition.

Mise en lumière en 2003 par SMEL
« Pour cette porte, légèrement en retrait de la façade 18ème siècle des quais rive gauche, il était choisi de révéler de nuit l’ensemble du monument tout en conservant une harmonie visuelle sur le front bâti des quais. L’équipe de conception s’est donc appliquée à valoriser tous les mouvements architecturaux de l’ouvrage, qui s’impose par sa beauté, singulier, comme tout droit sorti d’un conte. Sa toiture, complexe et caractéristique, émerge au-dessus des toits de la ville et constitue un repère en vision éloignée. L’éclairer fut un défi, mais quel plaisir de la voir et la revoir… »